Alors que le Togo est à pied levé pour les élections présidentielles du 22 février 2020, le climat d’instabilité socio-politique que connait le pays depuis 2017 menace le bon déroulement du scrutin. Une crise qui impacte négativement l’économie du pays, dont plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Dans un tel contexte, plusieurs personnalités et institutions appellent à l’apaisement pour des élections porteuses d’espoir d’une réconciliation nationale. Eclairage.

Togo : un pays en crise

De la même manière que la nature n’aime pas le vide, l’économie a horreur de l’instabilité socio-politique. Quelques chiffres pour l’illustrer : selon la BAD (Banque Africaine de Développement), la croissance économique du Togo a tourné autour de 5% en 2019, et devrait atteindre les 5,3% en 2020. Ce taux de croissance largement insuffisant, eu égard aux énormes défis qu’affronte le Togo, est la conséquence directe du climat d’instabilité socio-politique dans lequel le pays baigne depuis 2017.
A cet égard, les différents rapports de la BAD sont sans appel. Si la BAD reconnait un progrès relatif en matière de développement, la banque constate que la majorité de la population togolaise n’en tire pas les dividendes. Aujourd’hui, un Togolais sur deux n’a pas accès à l’eau potable et à l’électricité, le pays ne compte qu’un médecin pour plus de 14 000 habitants et plus de 55% de la population vit en-deçà du seuil de pauvreté. Par ailleurs, le Togo est 162e sur l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement. La BAD incombe la responsabilité de ce retard latent en matière de croissance économique à deux facteurs en particulier : l’instabilité et la violence.

« Pour des élections présidentielles apaisées »

Les élections présidentielles prévues en 2020 sont une opportunité unique pour retrouver la stabilité, condition sine qua non au développement économique tant attendu par les Togolais. En ce sens, plusieurs personnalités et institutions ont appelées à l’apaisement et au calme, pour le bien du pays. Parmi ces institutions, citons le HCRRUN (haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale) qui plaide en faveur d’un scrutin apaisé, en mobilisant les comités locaux de paix, chargés de résoudre les conflits communautaires de manière pacifique.
Par ailleurs, à quelques heures du début de la campagne électorale, ce fut au tour du président de la CENI (institution chargée de l’organisation du scrutin), Tchambakou Ayassor, de lancer un message aux citoyens et aux candidats à la présidentielle, qui met l’accent sur son souhait de voir une « campagne électorale apaisée ». Eli Goka-Adokanu, journaliste togolais et président de l’Ijac (l’Initiative des journalistes africains pour la citoyenneté) a fait également part de son espoir que la prochaine élection présidentielle soit un facteur clé dans le règlement de l’escalade des conflits au pays.
Au-delà des frontières togolaises, le président Ghanéen Nana Akufo-Addo, l’un des médiateurs de la crise de 2017, a lancé un appel magnanime pour un scrutin apaisé : « pour l’élection présidentielle au Togo, je souhaite qu’elle se déroule dans la paix et la cohésion nationale », avait-il indiqué.