TOGO économie : vers la formalisation de l’informel

Dans tous les pays, il n’est pas à nier que le secteur informel (ensemble des activités productrices de biens et services qui échappent à toute imposition, aux règlements fiscaux et à la régulation de l’Etat) constitue un frein au développement économique.
Au Togo, dans l’optique de formaliser l’informel, le gouvernement crée la Délégation à l’Organisation du Secteur Informel (DOSI). C’est l’institution chargée d’orienter les différents acteurs vers une formalisation progressive. Où en est-on aujourd’hui ?
La Dosi et un établissement public qui a pour mission de valoriser les atouts et les différentes opportunités du secteur informel, les restructurer et en faire un véritable outil de développement économique et social inclusif.

Prémices

En 2018, plus de 10.000 entreprises sont passées de l’informel au formel. Cette année, en partenariat avec la Direction des transports routiers et ferroviaires, la Dosi a relancé la deuxième phase du programme Zokéké qui a permis à 1.400 conducteurs d’obtenir leur permis de conduire catégorie A et de se formaliser.
En septembre dernier à Tsévié, ville situé à une trentaine de kilomètres au nord de Lomé, avec l’appui du Bureau International du Travail (BIT), la Dosi a organisé une formation de dix (10) jours à l’endroit des jeunes entrepreneurs. Ces séances visent à renforcer les capacités des participants sur les mécanismes indispensables pour le développement et la gestion des entreprises ainsi que l’augmentation du chiffre d’affaire.

Nécessité de légaliser l’informel

Sans l’ombre d’un doute l’informel se taille la plus grande part de l’économie togolaise. Et pour cause ! Elle fait vivre des millions de Togolais. Cette situation, loin d’être une fatalité, peut être un atout.
Bien structurée, l’économie informelle peut stimuler le secteur informel et créer des emplois. Une étude réalisée (sur la plaine de Mô et la vallée de l’Oti) par la Dosi révèle que 3,7 milliards de francs CFA vont être engagés sur la période 2019-2023 par l’Etat et ses partenaires (BAD, Pnud, Banque mondiale). Ces fonds serviront à mobiliser les acteurs du secteur informel de la région, à organiser leurs activités afin qu’ils contribuent à la relance économique.
S’il est vrai que l’économie informelle présente des signes inquiétants (mauvaises conditions de travail des personnes engagées dans ces activités, absence d’équité, les travailleurs étant à la merci de leurs patrons, prolifération de la corruption pour éviter le contrôle officiel etc.), il n’en demeure pas moins vrai qu’elle est un palliatif aux carences de l’économie formelle et permet à la majorité de la population de joindre les deux bouts.

Et en comptant tous les efforts fournis par le gouvernement actuel de Faure Gnassingbé pour légaliser progressivement l’économie informelle, il y a fort à parier que celle-ci participe très bientôt officiellement au développement du Togo et à sa croissance économique.