La situation sanitaire (liée au covid-19) qui prévaut dans le monde n’épargne pas les objectifs quinquennaux de développement du Togo, déclinés dans le Plan national de développement (PND 2018-2022). Pour le gouvernement togolais, il est nécessaire que ce plan directeur subisse une actualisation au regard de l’impact qu’engendrera la crise actuelle sur l’économie. Cette réadaptation permettra, entre autres avantages, d’amenuiser les impacts négatifs de la crise et de booster le développement socioéconomique.

Les bouleversements induits par le nouveau coronavirus, notamment sur les activités économiques, affectent les perspectives de développement du Togo. Le pays visait une croissance de 7,6% à l’horizon 2022 et tablait sur une croissance de 5,3% du Produit intérieur brut (PIB) en 2020. Mais, il doit malheureusement revoir ses ambitions à la baisse.
Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une chute à 1% de la croissance cette année tandis que l’agence de notation américaine S&P affiche un optimisme mesuré sur les perspectives de relance de l’économie togolaise.
Si l’amélioration de l’environnement des affaires ne subit pas considérablement les contrecoups de cette crise, la mobilisation des ressources pour la réalisation du Plan national de développement, quant à elle, demanderait plus d’efforts pour être être à la hauteur des objectifs initiaux.
L’on se rappelle que l’Etat togolais a prévu de prendre en charge 35% des ressources nécessaires au PND et mise en ce sens sur une mobilisation optimale des recettes fiscales et douanières. Les mesures d’ordre fiscal annoncées notamment, en guise d’accompagnement du secteur privé, semblent plutôt ramer à contre-courant de cet objectif.
Le secteur privé, globalement impliqué dans la réussite du PND, semble durement éprouvé par la crise et appelle à des mesures audacieuses de la part du gouvernement. Mais la confiance qu’inspire l’économie togolaise dont les bases sont restées solides grâce aux nombreux efforts d’assainissement pourrait permettre de venir à bout des difficultés.
Il devient ainsi urgent pour l’Etat de se tourner principalement vers les investisseurs étrangers pour maintenir les objectifs fixés au départ dans l’optique d’assurer le développement durable du pays.