Véritable pierre angulaire de l’épanouissement social des jeunes, les emplois ont un impact bien au-delà des revenus qu’ils procurent. Ils contribuent  essentiellement à la réduction de la pauvreté, au fonctionnement des villes et à l’ouverture des jeunes aux perspectives autres que la violence, explique un rapport de la Banque mondiale.
Le Togo multiplie des actions pour en créer suffisamment. Au rang des initiatives, figure le Projet d’Appui à l’Employabilité et à l’Insertion des Jeunes dans les Secteurs Porteurs (PAEIJ-SP), lancé en avril 2016. Il a permis de créer en trois (3) ans de mise en œuvre, plus de 125 000 emplois dans le secteur agricole, autour de petites et moyennes entreprises opérant suivant l’approche chaine de valeur et développement de clusters agro-industriels.

Le Togo a bénéficié d’un fonds de 11, 935 milliards de FCFA de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour exécuter le Projet d’Appui à l’Employabilité et à l’Insertion des Jeunes dans les Secteurs Porteurs (PAEIJ-SP), dont l’objectif est de créer les conditions d’une croissance économique plus inclusive. Le PAEIJ-SP apporte une réponse à la problématique de l’insertion des demandeurs d’emplois à travers le renforcement de l’employabilité des jeunes et la promotion de l’entrepreneuriat dans les secteurs porteurs.
Implémenté selon l’approche chaine de valeurs agricoles, le projet met tous les acteurs travaillant sur une même chaine de valeur agricole ensemble, dans une relation d’affaire, afin de produire pour un marché. Il apporte aussi une solution structurelle à l’emploi des jeunes en développant des outils de prospection et d’adaptation aux besoins du marché du travail.
A terme, il permettra de réduire la pauvreté et le chômage des jeunes togolais.

Au-delà des résultats escomptés

Le projet visait à moyen terme une amélioration des revenus des bénéficiaires de l’appui à l’entreprenariat de plus de 25% et la création d’au moins 20 000 emplois directs en cinq (05) ans. Trois (03) ans déjà, le projet a généré plus de25 000 emplois directs et plus de 100 000 emplois saisonniers. Plus de 20 entreprises du secteur de l’Agrobusiness ont bénéficié des accompagnements techniques en termes de structuration et de formation et des appuis financiers pour booster leurs activités.
C’est l’exemple de l’entreprise AGROKOM basée à Lomé. Avant le début de son partenariat avec le PAEIJ-SP en 2016, elle ne transformait ou ne commercialisait que 200 tonnes de soja par an ; mais aujourd’hui elle commercialise plus de 6 000 tonnes de soja par an, et générant plus de 1,680 milliards FCFA de chiffre d’affaires par an. Son cluster a pu créer 7 464 emplois directs et 43 694 emplois saisonniers dans les services production, approvisionnement, transformation et distribution.
Pour sa part, l’entreprise JCAT, basée à Atakpamé dans la Région des Plateaux, et spécialisée dans la production et la commercialisation du soja biologique, exporte aujourd’hui plus de 15 000 tonnes de soja par an vers la France et l’Italie contre une capacité d’exportation de 1 000 tonnes en 2017. Son cluster a généré plus de 4 milliards de chiffre d’affaire pour la campagne 2019-2020 ; 6 366 emplois directs n et 25 771 emplois saisonniers dans les services production, approvisionnement, transformation et distribution.

Quelques témoignages

« Avec l’arrivée du projet, beaucoup de choses ont changé dans mon quotidien car, de l’agriculture vivrière, je suis passé à la production et à la vente du maïs. Parti de 03 hectares, je dispose désormais de 11 hectares pour la culture du maïs. Ma production a quasiment quadruplé. La vente me permet de subvenir aux besoins de ma famille et d’employer 63 personnes. Je suis content de voir les jeunes de mon village ne plus se rendre en ville ou dans d’autres pays pour chercher le bonheur » a témoigné Michel Komi Koutchena, primo-entrepreneur individuel dans la filière maïs, basé à Gbadjahè, village du canton d’Elavagnon (Préfecture de l’Est-Mono).
Quant à la Présidente du groupement Nipa (nord du Togo), Madame Wadja N’Yemba, elle se réjouit parce que « de par le passé, chacune de nous produisait son soja individuellement. Puis, nous avons été informées de l’existence d’un projet dénommé PAEIJ-SP qui pouvait nous soutenir. Nous nous sommes approchées du projet et quand toutes les conditions ont été remplies, nous avons obtenu des prêts par l’intermédiaire de la Microfinance partenaire du projet dans la région pour développer nos champs de soja en association. Nous avons généré plus de revenus, ce qui nous a permis de contribuer considérablement aux dépenses de nos ménages ».