Les résultats du projet d’Evaluation Initiale de la Convention de Minamata ont démontré que l’extraction artisanale à petite échelle de l’or (EMAPE) faisant partie des richesses minières du Togo, utilisant le mercure, présentait un réel danger environnemental pour certaines régions. Le point sur le sujet dans la suite de cet article.

« L’orpaillage » : une source d’émissions et de rejets de mercure

L’extraction minière artisanale à petite échelle de l’or, connue sous le nom d’orpaillage, est l’une des sources potentielles d’émissions et de rejets de mercure dans l’environnement. Des émissions qui peuvent affecter la santé des communautés de mineurs, mais aussi leurs familles et les populations environnantes. Aujourd’hui, cette activité qui consiste à faire du lavage de sédiments est exercée simultanément de manière informelle et légale sur plusieurs sites du pays. L’activité fait vivre plus de 10 000 personnes, soit directement ou indirectement, générant un chiffre d’affaires allant de 6,5 à 9 milliards de francs CFA, selon les données compilées en 2012.

Le projet de réduction et d’élimination du mercure

Face aux dangers des émissions et des rejets du mercure pour l’environnement et la santé de la population, le gouvernement, et plus particulièrement le ministère de l’environnement, a lancé en collaboration avec ses partenaires le projet de réduction et d’élimination du mercure. Ce lancement s’est fait à l’occasion d’une rencontre à Lomé avec les acteurs des secteurs concernés. Lors de cet atelier de 2 jours, le processus d’élaboration du Plan d’action national (PAN) a été présenté, notamment :

  • Les composantes du projet depuis la mise en place du mécanisme de coordination ;
  • La réalisation du synopsis national d’exercice de l’activité minière artisanale aurifère au Togo ;
  • Le rappel de la nécessité d’implication des parties prenantes dans la mise en œuvre et l’amélioration continue du plan d’action national ;
  • Les impacts socio-économiques et autres impacts inhérents à l’utilisation du mercure dans l’orpaillage.

Mme Kayi Ajavon-Abalo, la coordonnatrice de PAN EMAPE, a expliqué que le Togo identifiera des actions prioritaires qui permettront au pays de s’acquitter de ses obligations, en vertu de la Convention de Minamata. Le pays veillera également à réduire, voire éliminer, l’utilisation du mercure dans les mines artisanales dans le but de protéger la santé de la population et l’environnement.

Un financement de 250 millions de FCFA

PAN EMAPE est un projet d’une durée de deux ans, financé à hauteur de 250 millions de FCFA. Rappelons que le mercure est utilisé pour former l’amalgame avec l’or. Il est ensuite séparé du minerai via brûlage de l’amalgame. C’est cette méthode d’extraction qui est responsable du rejet et de l’émission du mercure au Togo.