Les faits l’attestent. Le Togo se positionne comme pays pionnier en matière d’économie maritime (également appelée économie bleue) sur le continent. La raison ? Le fait d’avoir lancé des initiatives audacieuses. Leur objectifs ? Fournir un cadre pour régir ce secteur encore peu exploré et promouvoir les activités économiques qui y sont associées. En effet, la mer représente une nouvelle frontière qui pourrait bien être la clé de la renaissance de l’Afrique ! Le pays n’a-t-il pas organisé à Lomé il y a 3 ans un important sommet des Chefs d’Etat de l’UA sur la sécurité et la sûreté maritime, démontrant ainsi son intérêt particulier à ce secteur ?

Le Togo en spécialiste de l’économie bleue

Des actes et des actions. Le Togo a identifié les multiples opportunités d’emplois qu’offre l’économie maritime, notamment dans les secteurs de la pêche, l’aquaculture, le tourisme, les transports ou encore le minier sous-marin. Le gouvernement encourage la création d’écoles et d’instituts de formation spécialisés pour préparer les jeunes aux métiers de la mer.

Le port autonome de Lomé s’avère être un grand atout. Il se présente comme le poumon de l’économie nationale. En termes de connectivité maritime, le Togo est classé cinquième pays africain selon le rapport 2018 sur le transport maritime publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Avec un indice de 35,9, le pays se classe parmi les plus grands Maroc, Egypte, Afrique du Sud et Djibouti. Une performance réelle, dûe à la vision pertinente de SEM Faure Gnassingbé, résultat de nombreux investissements effectués ces dernières années par le gouvernement togolais en vue de moderniser les infrastructures logistiques du pays, notamment le Port de Lomé.

Un nouveau port de pêche moderne à Gbétsogbé

Le Togo avec l’appui du JAPON à travers la JICA (Agence de coopération internationale du japon, très active au Togo) a construit un nouveau port de pêche pour tirer profit de l’économie bleue.
Et les solutions apportées par le nouveau port de Gbétsogbé sont à la hauteur des investissements effectués : capacité d’accueil augmentée jusqu’à 300 pirogues, nouvelles chambres froides permettant la conservation des produits de pêche, quais d’accostage, quais de débarquement et de repos. De quoi éliminer pour un bon moment les problèmes d’encombrement (mais aussi d’insécurité qui en découlent) et de salubrité publique auxquels étaient confrontés tous les pêcheurs.

L’administration y aura également de nouveaux quartiers (un bloc administratif complet) avec un château d’eau, des zones permettant d’inspecter les produits halieutiques mais aussi le matériel de pêche (et la mise en place d’une section dédiée à la réglementation des filets à petites mailles) grâce à de nouveaux équipements et matériel.
A côté des activités de pêche, on estime actuellement à 5000 le nombre d’emplois connexes générés par ce nouveau port et ses activités annexes !

La loi garante d’une pêche réglementée et respectueuse de son environnement

Pour aller plus loin, le gouvernement togolais, sous l’impulsion de SEM Faure Gnassingbé et via l’Assemblée Nationale, a adopté, le 11 octobre 2016 la loi n°2016-026 portant réglementation de la pêche et de l’aquaculture au Togo.

Cette loi officialise la position du Togo vis à vis de la pêche INN (pêche illicite, non déclarée et non réglementée) à savoir que le pays veille à ce que ses navires et ses ressortissants ne la pratique pas, mette en place les mesures nécessaires pour lutter contre et coopère avec les pays tiers pour identifier les parties prenantes, les poursuivre et les sanctionner.
A cet égard, la loi prévoit met en place un registre national sous l’égide du ministère charge des pêches et de l’aquaculture listant tous les navires de pêche et embarcation. L’inscription sur ce registre est la condition sine qua non pour obtenir la licence, autorisation ou permis de pêche.

Il est également créé un organe consultatif qui est un comité interministériel et interprofessionnel chargé de la coordination des activités et du suivi de la politique nationale. Et des mesures de conservation et de gestion des ressources halieutiques sont mises en place : réglementations diverses concernant les tailles et poids minimaux des espèces, périodes de fermeture des zones de pêche pour permettre la reproduction des espèces marines, prohibition de certains types de navires, engins ou méthodes de pêche selon les zones, ouverture minimale des mailles des filets, etc…

Tous ces efforts consentis par le Togo ont convaincu le groupe des ambassadeurs francophones et ceux-ci ont proposé l’installation à Lomé d’un cluster maritime de l’Afrique francophone.

Economie bleue et sécurité maritime

Comme chacun le sait, sans sécurité point de développement économique. Et l’économie bleue ne déroge pas à la règle. C’est pour cela que le Togo a mis un point d’honneur à assurer une surveillance efficace de ses eaux territoriales. On se souvient de la tentative d’attaque contre un pétrolier du 12 mai dernier déjouée par la marine togolaise et Lomé peut se targuer de posséder un des ports les plus sûrs de toute la région ouest africaine (en témoigne le nombre important de navires qui y stationnent en permanence). Alors que le golfe de Guinée est considéré comme l’épicentre de la piraterie maritime, elle même originaire du Niger, le mouillage dans les eaux togolaises y est considéré comme sûr comme l’affirme Dirk Steffan, consultant pour le cabinet de surveillance Risk Intelligence :

Les organisateurs et les soutiens sont nigérians. Les acheteurs et les intermédiaires sont nigérians, et les équipes de pirates également […] Les attaques dans les eaux togolaises sont plus rares

Enfin, l’Etat organise de nombreux exercices de simulation en haute mer pour renforcer continuellement l’expertise déjà élevée de ses différentes administrations impliquées dans la lutte contre la piraterie maritime. Gestion de crise et diminution de la criminalité maritime sont des compétences reconnues de la marine togolaise.

Le gouvernement va plus loin en créant l’Organisme National chargé de l’Action de l’Etat en Mer (ONAEM) par un décret présidentiel (décret N° 2014- 113/ PR).

L’ONAEM se veut un organisme bien structuré qui œuvre collégialement pour solutionner les fléaux qui entachent la sécurité et la sûreté de l’espace maritime togolais.

Des efforts reconnus par la communauté internationale

En novembre 2018 à Nairobi au Kenya, l’Union Africaine (UA), lors de la conférence de haut niveau sur l’économie bleue durable en Afrique a décerné le prix d’excellence 2018 pour la Sécurité et la Sûreté et le développement au chef de l’État togolais Faure E. GNASSINGBE.

Ce prix est en réalité la reconnaissance de l’UA pour la tenue en Octobre 2016 du sommet de Lomé ayant consacré l’adoption de la Charte africaine maritime sur la sécurité et la sûreté et le développement en Afrique.