C’est un sondage qui a l’effet d’une bombe qui paraît sous l’impulsion de la Fondation Ichikowitz : le sondage 2020 de la jeunesse africaine et qui montre à quel point la jeunesse du continent a une vision optimiste et confiante du futur. Tout en restant réaliste sur les avancées en termes de liberté et de démocratie, nos jeunes nous montrent que tout est possible et laissent entrevoir une émergence africaine à court et moyen terme.

Résumé des 10 points abordés par le sondage :

Afro optimisme : oui, nos jeunes sont optimistes à propos de notre futur et ils vont de l’avant pour que ce siècle soit le siècle africain.

Identité africaine : bien que le sentiment d’appartenance nationale reste une forte source d’identité collective, la jeunesse africaine adhère massivement à l’idée d’une identité africaine commune.

Unité africaine : nombre de jeunes pensent que le continent se dirige dans la mauvaise direction et appellent de leurs vœux l’unité africaine pour tirer le continent vers l’avant.

Valeurs démocratiques : Alors que la jeunesse africaine est divisée sur la question de savoir si la stabilité ou la démocratie est plus importante pour le continent, la plupart adhèrent aux valeurs démocratiques de participation, de tolérance et de liberté.

Entreprenariat : il est certain que la prochaine génération africaine est constituée d’entrepreneurs décidés à changer le monde dans lequel ils vivent.

entrepreneuriat au togo sondage Ichikowitz jeunesse africaine

Technologie et médias : la jeunesse africaine est très connectée et s’intéresse beaucoup à l’actualité mais l’émergence des « fakes news » est considérée comme préoccupante et problématique.

Cohésion communautaire : les jeunes en Afrique sont majoritairement impliqués dans leurs communautés locales qu’ils décrivent comme multi ethniques et multi religieuses.

Relations avec les pays étrangers : conscients du passé du continent, beaucoup se méfient de l’influence des pays étrangers qui peut être assimilé à une nouvelle forme de colonialisme tout en reconnaissant que l’influence de certains pays peut être extrêmement positive.

Environnement : bien que le changement climatique ne soit pas une priorité pour la plupart, les jeunes sont nombreux à considérer les énergies renouvelables ainsi que les filières de recyclage comme un besoin pour leur pays.

Défis à venir : alors que les maladies infectieuses et le terrorisme semblent avoir occupé le terrain des 5 dernières années, aujourd’hui, les jeunes se tournent vers les problématiques de l’emploi et de la corruption.

Démocratie, oui, mais pas au profit du terrorisme et du laxisme

Comme énoncé plus haut, alors que les jeunes africains sont divisés entre la nécessité d’avoir une stabilité politique et la nécessité d’avoir une démocratie respectant la liberté de chacun, tous sont d’accord (à 85%) sur le fait que les libertés de conscience, de religion, de penser, de croyance ou d’opinion sont importantes.

Ils croient en les valeurs démocratiques de la participation civique et de la tolérance et sont en moyenne 70% à déclarer vouloir aller voter aux prochaines élections. A l’instar de la jeunesse togolaise qui s’est massivement mobilisée pour les élections présidentielles du 22 février dernier afin de choisir celui qui, pendant les 5 années à venir, dirigera le pays.

Autre fait important et intéressant : les pays ayant récemment soufferts de troubles socio politiques voire terroristes sont plus enclins à préférer la stabilité. Les pays qui n’ont pas connu ces troubles et sont déjà stables politiquement ont tendance à trouver la démocratie plus importante. Au Togo, 55% se prononce en faveur de la démocratie contre 37% en faveur de la stabilité politique alors qu’au Mali ils sont 77% à demander une stabilité socio économique et politique.

Il est évident qu’une démocratie laxiste où les lois ne seraient pas respectées serait une porte ouverte à l’installation de la gangrène terroriste qui sévit actuellement au Sahel et aux portes de nos pays.

L’entrepreneuriat : le Togo toujours en tête des classements

Comme le disait récemment SEM Faure Gnassingbé dans une tribune éloquente parue dans le journal Jeune Afrique : « Mieux vaut marcher que de maudire la route ». C’est cet enseignement que notre jeunesse a entendu avec une forte intention de se mettre à son compte et travailler pour changer sa vie, améliorer ses conditions et améliorer le monde autour de soi.

Deux tiers des répondants ont une idée de business et « encourager l’entreprenariat » est la première réforme qu’ils mettraient en œuvre s’ils étaient président d’un jour dans leur pays.

Autre cas de figure intéressant : s’il leur était donné 100 dollars, environ 50% l’investiraient pour monter un nouveau business, 16% l’utiliseraient pour leurs études, 13% le mettraient de côté pour plus tard et 16% le dépenserait immédiatement.

Si on considère des projet à moyen terme sur un délai de 5 ans, ils sont alors 76% à déclarer vouloir créer leur affaire.

jeunes togolais optimistes et volontaires

Autre signe d’intelligence et de résilience : 77% considèrent que s’il existe une meilleure manière de faire alors ils changeront pour adopter cette meilleure manière de faire. Ils sont 51% à trouver facile d’apprendre des erreurs passées et à présenter une capacité d’apprentissage précieuse.

Malgré tout, le frein principal à la mise en œuvre de cet entrepreneuriat est l’accès au capital : ils font consensus à 53% contre 11% seulement pour la législation trop restrictive, 10% la corruption et 6% le manque d’études.

Au Togo, les 3 secteurs prédominants pour ouvrir une entreprise sont : le commerce de détail, l’agriculture et, dans une moindre mesure, le secteur technologique.

On remarque une forte confiance et désir entrepreneurial au Togo, comme l’illustrent les 3 tableaux suivants :

jeunesse-togolaise-entrepreneuriale

On remarque également une forte implication au sein de la communauté. En effet, 75% des jeunes sont persuadés de pouvoir contribuer au bien être de leur famille, de leurs amis et de leurs voisins avec une sensation inverse équivalente de pouvoir compter sur les membres de leur communauté. Dans le même temps, 70% reconnaissent être impliqués socialement et économiquement dans leur communauté. Avec un taux de 81% de jeunes confiants dans leur abilité à pouvoir changer positivement leur communauté, le Togo se place en tête de ce classement.
Le pays se place également en tête comme le pays le plus entrepreneurial, ce qui n’est pas une grande surprise étant donné les bons résultats obtenus  (1er pays réformateur en Afrique, climat des affaires excellents, nombreux investissements…).

En terme de soutien aux réfugiés, la jeunesse togolaise se positionne 3ème derrière le Mali et le Sénégal avec un soutien inconditionnel aux populations de réfugiés, quel que soit l’impact que ceux-ci auront sur l’économie du pays.

Vision de l’influence des pays étrangers :

D’une manière générale, les jeunes africains ont une bonne vision des pays étrangers en leur accordant une influence positive dans la majeure partie des cas. La France, toutefois, fait figure de mouton noir avec un taux de confiance le plus bas de tous les pays proposés.

Pour le Togo, c’est la Chine qui remporte le palmarès : 95% des jeunes togolais considèrent l’influence de ce pays comme positive. Serait-ce la récente visite et les conseils de Jack Ma aux jeunes togolais qui influerait sur cette prise de position ?

Globalement ils sont une majorité à penser que le colonialisme affecte toujours leur pays et que l’influence de gouvernements étrangers sont une forme de colonialisme économique.

Pour en savoir plus sur la venue de Jack Ma au Togo

Jack Ma au Togo et a Lomé