Rappel de l’historique, dates importantes concernant le ZLECAf :

  • 25 mai 1963 : création de l’Union Africaine avec l’intention affirmée de concrétiser le projet de Zone de Libre-Echange africaine.
  • 21 mars 2018 : lancement du projet lors de la 10ème Conférence de l’Union africaine de Kigali au Rwanda
  • 30 mai 2019 : entrée en vigueur de la ZLECAf
  • 1er Juillet 2020 : lancement du commerce intra africain
  • 7 Juillet 2020 : journée de l’intégration africaine (chaque année)

L’ambition « d’une Afrique plus prospère, davantage intégrée, pacifiée, unie et parlant d’une seule et même voix » ouvertement affichée par les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA), à l’occasion de la célébration en 2013 du 50ème anniversaire de la création de l’OUA/ UA, tend à se concrétiser avec l’entrée en vigueur, le 30 mai 2019, de la Zone de Libre-Echange continentale africaine (ZLECAf).

Etape cruciale vers la réalisation des nobles objectifs d’intégration du continent africain, la ZLECAf vient répondre à la nécessité pour l’Afrique d’inverser la courbe négative des échanges commerciaux intra-africains et de se repositionner plus honorablement dans le commerce mondial.

Il s’agit concrètement d’un mécanisme préférentiel de libre-échange qui, à terme, devrait permettre à tous les Etats africains, de Dakar à Djibouti, de Tanger à Johannesburg d’avoir accès, sans barrières tarifaires et non tarifaires, à un marché de plus de 1.2 milliards de consommateurs potentiels.

Par ce mécanisme, l’Afrique entend créer un marché unique continental de biens et services, rendre effectif la libre circulation des personnes et des biens à travers tout le continent et accélérer la mise en place d’une union douanière à l’horizon 2022, nécessaire à la création d’une Communauté Economique Africaine d’ici 2028.

Le projet de la ZLECAf a été mis sur les fonts baptismaux le 21 mars 2018 lors de la 10ème Session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, tenue à Kigali au Rwanda. Le texte adopté par la Conférence requérait un minimum de 22 ratifications pour son entrée en vigueur. Avec un lobbying bien coordonné et une volonté politique largement affichée, l’Accord sur la ZLECAf a enregistré, en une année, 52 signatures. Avec le dépôt des instruments de ratification de la Sierra Leone et de la République Arabe Sahraouie Démocratique, la ZLECAf est entrée en vigueur le 30 mai 2019 et devient ainsi le plus grand espace d’échange commercial intégré au monde.

A la faveur du 12ème Sommet extraordinaire de l’UA, tenu le 07 juillet 2019 à Niamey au Niger, sous les auspices de S.E.M. Mahamadou ISSOUFOU, Président de la République du Niger et Champion désigné de la thématique, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont procédé au lancement officiel du projet de la ZLECAf. Ils ont également saisi cette occasion pour prendre d’autres décisions sous-jacentes visant à faciliter le processus de mise en œuvre effective du mécanisme. On peut citer, entre autres, la fixation de la date du 1er juillet 2020 pour le lancement du commerce intra-africain, l’attribution du Secrétariat de la ZLECAf au Ghana, le choix du 07 juillet de chaque année comme journée de l’intégration africaine et l’adoption de cinq instruments opérationnels de la ZLECAf.

Au-delà de l’enthousiasme et de l’euphorie qu’elle a pu susciter, il faut préciser que la ZLECAf n’est pas une aventure hasardeuse, encore moins une chimère de plus dans la longue liste des initiatives intégratrices africaines, comme le penseraient les afro-pessimistes. Au contraire, il s’agit d’un projet envisagé dès la création de l’organisation continentale en 1963 et qui se fonde aujourd’hui sur les données économiques encourageantes du continent et la marge de manœuvre significative dont il dispose dans plusieurs domaines. En effet, la ZLECAf peut compter sur la dynamique d’industrialisation progressive de l’Afrique, avec la possibilité de transformation des matières premières disponibles sur le continent. Elle peut également s’appuyer sur la libre circulation des personnes, des biens et des services qui se concrétise, diversement mais sûrement, dans chaque Communauté économique régionale (CER) du continent. La mise en place progressive d’infrastructures de qualité sur le continent, est également un support et un atout non négligeable.

Pour autant, l’optimisme et la détermination affichés ne doivent pas occulter les obstacles qui peuvent entraver la mise en œuvre effective de ce projet ambitieux. Le continent africain doit, maintenant plus que jamais, rester vigilant et doublement attentif aux sirènes perturbatrices que sont les barrières non tarifaires et administratives, les mésententes traditionnelles entre Etats et les similitudes de production, véritables non-dits du déficit des échanges commerciaux intra-africains.

SEM Faure Gnassingbe ministres conseillers sommet union africaine addis abeba

Source :
Article publié dans DiploMag n°20 écrit par M. Bankotine BATENGUE, Ministre Conseiller à l’Ambassade du Togo à Addis Abeba

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