La nouvelle vient de tomber. Alors que le premier symposium africain francophone sur l’intelligence artificielle s’était tenu à l’Université Polytechnique Mohammed VI à Ben Guérir au Maroc en 2018, une agence spécialisée devrait ouvrir ses portes au Togo. La première pierre de l’Agence Francophone pour l’Intelligence Artificielle (AFRIA) sera posée lors du symposium d’Aného du 16 et 17 décembre 2019 qui commence demain.

L’Afrique francophone en ordre de marche, l’IA un virage technologique nécessaire

Ce n’est un secret pour personne, l’intelligence artificielle est la révolution de ce siècle. C’est même devenu l’enjeu du siècle. Toutes les startups et entreprises modernes misent sur l’utilisation de l’intelligence artificielle, quand celle-ci ne constitue par le coeur même de leurs services et de leur développement : les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) mais aussi les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) forts présents en Afrique, sans parler de TESLA ou de toutes les FINTECH émergentes. Quel que soit le secteur, tous sont touchés par les avancées de l’intelligence artificielle : robotique, finance et blockchain, santé et génétique, éducation, informatique des objets et objets connectés… les applications sont infinies. Alors que le monde entier commence à tourner sous l’influence de l’IA, l’Afrique ne peut pas, l’Afrique ne doit pas rater cette transition digitale.

Et ce virage est déjà pris avec la création par Google en 2018 du premier centre de recherche en IA sur le continent. Etape prémonitoire pour la région ? Ce dernier était créé à Accra au Ghana, voisin du Togo. Bientôt le Ghana suivait avec la création du premier master spécialisé en IA.

Désormais, avec la création de l’AFRIA à Aného au Togo, on peut dire sans hésiter que l’Afrique francophone est en ordre de marche pour construire son avenir numérique.

L’Agence Francophone pour l’Intelligence Artificielle : un vrai partenariat

Derrière le symposium d’Aného, ce sont plusieurs structures de poids qui viennent soutenir la jeune ministre du numérique de Faure Gnassingbé, Cina Lawson. Entre autres, on peut citer l’Unesco, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) mais également la CEDEAO et l’UMEOA. On notera la discrète présence au symposium du CHEMI : le Centre des Hautes Etudes du Ministère de l’Intérieur français. Car oui, l’AFRIA servira à relever de nombreux défis, dont celui de la sécurité et la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité.

Cap donc, parmi les missions, sur l’éducation et la formation avec également la reponsabilité de veiller à l’évolution des divers enjeux liés à l’intelligence artificielle. Formation car aujourd’hui il y a fort à parier que sans ce genre d’initiatives, l’Afrique risquerait fort de se faire “cybercoloniser”. En effet, la plupart des compétences se trouvent aujourd’hui réparties entre les Etats Unis, l’Europe et la Chine… et l’Afrique reste fortement déficitaire en ingénieurs qualifiés.

Enfin, on peut également se projeter et imaginer le futur de l’intelligence artificielle : modéliser l’impact de certaines activités et préserver les écosystèmes, amélioration de la robotique pour impacter l’agriculture et permettre l’autosuffisance alimentaire pour ne pas dire l’éradication de la faim en Afrique, … autant d’idées sur lesquelles il faudra, sans aucun doute, travailler.