Considéré comme l’une des ressources de financement d’actions terroristes au niveau mondial, le blanchiment des capitaux est devenu un danger réel qui menace les économies des pays africains. Cet argent sale sert souvent à financer les réseaux de crime organisé devenus de plus en plus structurés et dotés, aujourd’hui, de moyens très sophistiqués pour le dissimuler.

Une réaction forte du gouvernement togolais

Face à cette menace, une rencontre a eu lieu lundi 16 décembre 2019 à Lomé initiée par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) en partenariat avec la Cellule nationale togolaise de traitement des informations financières (CENTIF-TG). L’objectif derrière ces assises, qui ont duré quatre jours et qui ont pu réunir des experts et des acteurs publics et privés intervenant dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, est d’harmoniser les dispositifs de lutte mais surtout de prévention contre le blanchiment des capitaux.

Pour le gouvernement de Faure Gnassingbé, il s’agit surtout de démontrer son engagement et sa conformité avec les normes internationales en la matière ainsi que l’efficacité des moyens mis en œuvre pour lutter contre ce fléau. En effet, dans son rapport annuel portant sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) avait salué l’engagement du gouvernement togolais dans ce domaine. Le groupe intergouvernemental a pour but de doter les systèmes financiers de la région de moyens nécessaires à leur protection des fonds issus des réseaux criminels.

Des mécanismes pour lutter contre le blanchiment des capitaux

Le gouvernement togolais est parfaitement conscient des défis à affronter aujourd’hui en termes de lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent, car ce fléau constitue une véritable entrave au développement économique et social et son éradication est aussi une façon d’assurer la protection de l’économie et de lutter contre la pauvreté. Ainsi, la Cellule nationale de traitement des informations financières du Togo (CENTIF Togo) constitue un dispositif indispensable pour définition des orientations de la politique nationale et un moyen de mesure et la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En 2018, les Cellules de renseignements financiers du Togo ont enregistré 323 déclarations d’opération suspecte au Togo sur un total de 12 675 déclarations suspectes sur toute la région de l’Afrique de l’Ouest.

Dans cette perspective, la stratégie globale du gouvernement veille au renforcement des acteurs de lutte contre la LBC/FT notamment la police nationale, la gendarmerie nationale, les magistrats et les régies financières. En plus d’accentuer l’efficacité du comité interministériel chargé de piloter l’action du gouvernement. La stratégie prévoit également de renforcer le dispositif institutionnel et réglementaire et d’accompagner les établissements financiers dans la consolidation de leurs systèmes préventifs via l’acquisition de Système Intégré de Gestion plus performant. Le Togo compte également sur le tissu associatif et les groupements professionnels notamment les EPNFD (entreprises et professions non financières désignées) dans la diffusion des informations et la sensibilisation sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.