La production de café au Togo

Le Togo est un petit pays de 56 000 km², situé dans le golfe de Guinée entre le Bénin, le Ghana et le Burkina Faso. Son économie est largement agricole : ce secteur représente 40% du produit intérieur brut et deux habitants sur trois dépendent de l’agriculture et de l’élevage pour vivre. Les principales cultures vivrières sont le maïs, le sorgho, le riz, l’igname, le manioc, les arachides, les haricots et le soja. Quant à l’aviculture, les statistiques stipulent qu’elle est pratiquée par 80% des familles paysannes, et les principales cultures exportées sont le café, le cacao et le coton.

La production du café n’a pas toujours été l’activité économique typique du Togo. En effet, de nombreuses raisons ont contribué à la dégradation de cette culture, les plus notables étant ses besoins très spéciaux en termes d’écosystème, qui ne s’appliquent qu’à une fine minorité des plateaux togolais.

Cette production qui rivalisait autrefois avec celle du Vietnam – second rang mondial qui dépasse aujourd’hui les 800 000 tonnes – connaît aujourd’hui une réelle stagnation. La raison en est que les réformes entreprises afin de libéraliser l’activité, accompagnées des événements sociopolitiques de l’aide étrangère, ont impacté considérablement l’arboriculture caféière togolaise, qui a traversé des temps difficiles et a engendré des changements au-delà de sa portée prévisible.

La place de l’agriculture au Togo

La superficie arable représente 60% du territoire du Togo, et les principales exportations agricoles du pays sont le coton, le café et le cacao. L’importance de ce secteur peut se résumer en deux chiffres : il emploie environ 65% de la population locale et représente plus de 40% du PIB.  Aussi, depuis le lancement de la « Révolution verte » du Togo en 1975, certains de ses principaux objectifs ont été réalisés, en particulier l’autosuffisance alimentaire, atteinte ces dernières années et qui a considérablement réduit les niveaux de dénutrition.

Somme toute, l’agriculture est le principal secteur de l’économie, compte tenu du fait qu’elle couvre les besoins alimentaires locaux : 43% du territoire est cultivé. Parmi les produits destinés à la consommation intérieure, on peut citer : les céréales, comme le maïs, le millet et le riz, ainsi que le manioc, qui est répandu sur tout le territoire. A ceux-ci s’ajoutent les patates douces, les bananes, les agrumes (surtout les oranges), et les légumes.

production de café au Togo

 

Les taux d’investissement dans la production caféière

Pendant la période de la colonisation, l’introduction du café et la croissance des surfaces plantées ont favorisé l’émergence d’une classe de planteurs dans l’économie togolaise. Cette activité a eu de nombreuses conséquences, à savoir les changements profonds dans le régime foncier, qui ont entraîné une tendance vers l’appropriation individuelle des parcelles de terres attribuées à ce type de plantation.

Cette innovation a favorisé la création de revenus, et de l’émergence d’un capitalisme endogène, qui à la fois possédait et valorisait la rente foncière, et s’opposait à l’activité exogène, détenue par les commerçants européens.

Aussi, l’empathie coloniale pour une paysannerie africaine locale qui apportait la même valeur que son homologue française, a été considérée par les administrateurs comme le début d’une rupture avec l’ordre précolonial.

Vers une appropriation individuelle des terres

L’incitation des administrateurs à l’appropriation individuelle des plantations a entraîné l’importance du changement du régime foncier et de l’immatriculation des terres en 1992. Cependant, perçue comme une entrave au régime traditionnel qui endossait la propriété collective, cette réforme n’a pas été accueillie à bras ouverts. C’est ainsi que la propagation rapide des cultures de café et du cacao ont influencé l’évolution de la propriété privée, puis de la matérialisation des transactions foncières en forme écrite.

L’établissement des titres fonciers ont fait l’objet d’un décret en l’année 1934, toujours en respect des coutumes indigènes. Suspecte d’affaiblir la cohésion de tribu, l’immatriculation a été restreinte à ce stade-là aux terrains détachés du patrimoine collectif, jusqu’après la seconde guerre mondiale où son établissement fut instauré définitivement, toujours sous craintes des spoliations des autorités coutumières.

La migration de la main d’œuvre de production de café

L’extension progressive des surfaces de plantation caféière nécessitait plus d’entretien et par conséquent plus de main d’œuvre. Cette situation a engendré une forte migration de travail qui ne cessait de préoccuper les administrateurs.

Les migrants se déplacent surtout pour valoriser, de façon optimale, leur force de travail, et l’idée quasi obsessionnelle des administrateurs est de fixer et de sédentariser les éléments les plus dynamiques et les plus réceptifs, pour les transformer en « petits colons noirs » et éviter un trop grand engouement en faveur de la Gold Coast”1

En 1929, le pays a été touché par la crise économique. Ces conséquences se sont aussi abattues sur l’exode en Gold Coast et sur le cours des produits coloniaux. En outre, l’abandon du pays particulièrement touché par la crise a conduit au regroupement progressif de la collectivité, après une période caractérisée par l’individualisme, attisé par le rêve d’enrichissement facile.

La dégénération de la situation économique

Le statut sous mandat du territoire togolais n’a pas pu le protéger contre la crise économique. Aussi, l’enthousiasme des planteurs indigènes au profit de l’activité, ainsi que l’abaissement des cours de produits industriels sur les marchés européens ont beaucoup impacté le pays à économie essentiellement agricole. Ce n’est que lors du relèvement des cours en 1947 qu’on a pu assister à une croissance notable de la production du café.

L’arboriculture du café la plus viable dans le territoire du Togo est celle de la Robusta. Ces plantations occupent une étendue de 20 000 hectares de sols humides des régions de Kpalimé-Atakpamé. En 1950, malgré les efforts efficients pour la lutte contre le scolyte, la récolte affiche ses taux les plus faibles. Heureusement, en 1951, la situation a connu un certain redressement.

Il convient de noter que les exportations (principalement vers l’Union Française) sont en plein essor depuis 1953 : “dans les années 1950, le café occupe une place croissante dans les exportations totales, passant de 2 843 tonnes (soit 18 %) en 1953 à 4 086 tonnes en 1954 (soit 19,1 %) et à 6 406 tonnes en 1956 (soit 34 %)”.

(1) Source : Antheaume.b , la production du café au Togo, consulte  sur : https://journals.openedition.org/etudesrurales/8547