Croissance soutenue dans les cultures de rente : la filière coton est au-dessus du lot

Le coton, de tout temps, a été une culture stratégique pour la production et l’économie togolaise et contribue à hauteur de 4,3% du Produit intérieur brut. Sa filière constitue une importante source de revenu pour le pays et contribue, selon les années, entre 30 et 40% des recettes d’exportation en fonction de la production et de la clémence des saisons. Ces dernières années, après une période de flottement perceptible au niveau de la production, le secteur connaît aujourd’hui une croissance soutenue qui va au-delà des attentes.

Le coton est la première culture de rente mais également la première culture industrielle du Togo. Sa filière est le domaine de compétence de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT). Lors de la campagne 2012-2013, la production cotonnière a connu une hausse, soit de 80.594 tonnes par rapport à l’année 2010-2011 où elle était de 46.800 tonnes. En 2014-2015, la production est passée à 113.000 tonnes avant de redescendre à 81.000 tonnes au cours de l’année 2015-2016. Pour la campagne 2017-2018, le pays a produit 117.000 tonnes de coton-graine.

24 milliards accordés aux producteurs

Après une réunion de concertation en mai 2019 à Kara, les différents acteurs et le gouvernement ont échangé autour des défis de la modernisation et de la contribution de la filière cotonnière à l’atteinte des objectifs du Plan national de développement (PND). En réalité, il en ressort qu’au terme de la campagne 2018-2019, 137.255 tonnes de coton-graine ont été produites pour un rendement de 764 kilogrammes par hectare, une production en augmentation de 17% par rapport à la campagne précédente. Cette croissance enthousiasmante a permis de verser un revenu net aux producteurs qui s’élève à près de 24 milliards de francs CFA ainsi que le payement d’un complément de prix d’achat de 35 francs CFA par kilogramme de coton-graine aux producteurs. Ce qui porte le prix d’achat de la campagne 2018-2019 à 285 francs/Kg, soit le meilleur prix pratiqué dans la sous-région.

Objectif 200.000 tonnes d’ici 2022

Pour le compte de la campagne 2019-2020, les acteurs de la filière veulent emblaver un minimum de 180.000 hectares pour une production minimale de 150.000 tonnes. Au vu de ces résultats, on peut estimer que les ambitions des autorités, clairement mentionnées dans le PND, seront atteintes. Entre autres, il s’agit de produire au moins 200.000 tonnes de coton-graine à l’horizon 2022. Pour atteindre cet objectif, la mission principale de la NSCT (qui, par ailleurs, vise à l’horizon 2020 un rendement d’au moins 1.600 Kg /hectare) sera de poursuivre les réformes en optimisant sa gouvernance et en élargissant sa vision stratégique de la filière.