Décidément, la crise n’épargne personne, même le Togo, le bon élève de l’Afrique de l’Ouest, le seul pays qui avait réussi à respecter les critères de convergence pour la mise en place de la monnaie unique de la CEDEAO, l’Eco. C’est pourquoi la Banque Mondiale recommande au pays de booster l’investissement privé et d’accélérer les réformes pour mieux faire face à la crise économique mondiale qui s’annonce. Le point.

Il faut agir vite pour la croissance

Selon les experts de la Banque Mondiale, la croissance togolaise en 2020 pourrait chuter à 1%, et ce dans les projections les plus optimistes. Le déficit budgétaire, quant à lui, devrait se situer aux alentours de 5,7% du PIB. Toujours selon les experts de la BM, l’heure est à l’action. Ces derniers ont d’ailleurs produit, pour la première fois, un rapport sur la situation économique du Togo, et beaucoup de recommandations sont d’ores et déjà formulées :

  • Renforcer la formation à l’entrepreneuriat et l’accompagnement des startups ;
  • Créer des marchés pour les entrepreneurs du numérique ;
  • Faciliter l’expansion des entreprises du numérique en Afrique de l’Ouest.

Malgré son dynamisme économique soutenu ces dernières années, le Togo, à l’instar de beaucoup d’autres pays aux quatre coins du monde, subit les contrecoups de la crise inhérente au Covid-19. C’est la raison pour laquelle la BM souligne dans son rapport la baisse importante de la croissance : « On constate une baisse de la production et des ventes dans de nombreux secteurs, en particulier ceux dans lesquels le travail à distance n’est pas possible, comme la fabrication, le commerce de détail, la construction et le tourisme », souligne Urbain Thierry Yogo, économiste principal de la Banque mondiale pour le Togo et coauteur du rapport.

Les petites et moyennes entreprises particulièrement touchées

Selon le rapport de la BM, ce sont les petites et moyennes entreprises qui ont accusé le coup de la crise lié au Covid-19. En effet, elles sont 41% à dans le secteur agricole et agro-industriel à avoir enregistré une baisse de leurs ventes allant de 75 à 100%. Il en va de même pour 33% des entreprises touristiques, 36% de la branche de fabrication et 35% des entreprises de transport et logistique.