À l’occasion de la dernière réunion de l’année 2019 du Conseil National du Crédit (CNC) qui a eu lieu le 26 décembre 2019, le ministre de l’Économie et des Finances, monsieur Sani Yaya a pu mettre en avant les projets visant le financement de l’agriculture et le soutien aux PME.

En effet, malgré les efforts entrepris par le gouvernement togolais pour la mise en place de mesures incitatives de financement agricole à l’instar du MIFA (mécanisme incitatif de financement agricole) qui vise la mobilisation de 7 milliards de francs CFA au bénéfice de 95 000 opérateurs agricoles et financiers, il est primordial d’insuffler plus de dynamisme dans l’octroi de prêt à toutes les filières du secteur agricole.

Un secteur oublié des établissements financiers

Tous les analystes s’accordent à dire que le secteur reste marginalisé par les institutions financières qui ne voient pas encore dans les activités agricoles une valeur sûre et demandent des garanties supplémentaires à celle déjà accordée par le MIFA.

Il faut rappeler que le mécanisme MIFA envisage de créer 130 000 emplois dans le secteur. Plus de la moitié de cet objectif a été réalisé. Ainsi environ 3,8 milliards FCFA de crédits ont été accordés entre août et septembre 2019 au profit de 52 000 acteurs bénéficiaires avec quelque 86 000 emplois créés. Les filières les plus impactées sont la commercialisation d’intrants, soja et riz cumulant ainsi 80 % des crédits accordés jusqu’à fin 2019.

Jusqu’à fin juin 2019, l’octroi de crédits au secteur agricole atteignait, pourtant, à peine 0,2 % de la totalité des financements des établissements bancaires (c’est environ au même pourcentage qu’il y a un an à la création du MIFA.) alors que le gouvernement togolais, sous l’impulsion de Faure Gnassingbé, a fixé un objectif de l’ordre de 5 % à atteindre en 2020 pour les crédits à accorder aux opérateurs agricoles. C’est pourquoi le Conseil National du Crédit (CNC) devra s’aligner avec la vision du gouvernement et se pencher pour trouver des solutions urgentes à cette question.

En ce qui concerne l’octroi de crédits aux petites et moyennes entreprises, le constat est à peu près le même. Malgré le dispositif de soutien au financement des PME, notamment la décision du gouvernement d’attribuer 25 % des marchés publics aux entreprises créées et gérées par des jeunes et des femmes entrepreneurs, l’accès aux crédits reste à ce jour limité. C’est la raison pour laquelle le Conseil National du Crédit prévoit de mettre en 2020 cette question de la qualité de prestation des établissements financiers à la tête de ses priorités.