La situation économique va de mieux en mieux au Togo. Alors qu’elle s’élevait à plus de 80% du PIB fin 2016, à la fin du premier trimestre 2019, la dette publique est passée en dessus des 70%. Cette baisse n’est rien d’autre que le fruit de la volonté marquée par le pays depuis quelques années afin d’inverser la tendance haussière de sa dette publique et de générer une croissance économique positive pour une meilleure inclusion sociale. C’est le souhait du chef de l’Etat Faure Gnassingbé qui déclarait il y a peu :

Mandat social oui, mais si vous gérez mal, vous ne pouvez pas faire le social parce qu’aujourd’hui, le poste le plus élevé dans le budget, c’est le remboursement de la dette

2017 : signature d’un l’accord de Facilité Elargie de Crédit (FEC) avec le FMI

En 2017, le pays a signé un accord triennal avec le Fonds Monétaire International, bénéficiant ainsi d’un prêt d’environ 242.4 millions de dollars pour réduire son déficit budgétaire global. Le programme, remboursable sur dix ans, vise à assurer la viabilité à long terme de la dette et de la position extérieure. Il a pour objectif de réorienter l’action des pouvoirs publics vers une croissance positive et inclusive à travers des dépenses sociales ciblées et des dépenses d’infrastructures financées de manière soutenable. Et d’une manière générale, il vise à résoudre les difficultés financières rencontrées par les deux banques publiques du pays.

Dès lors, le FMI n’a pas cessé de saluer les performances des autorités togolaises dans l’assainissement budgétaire et la réduction de la dette nationale qui s’élève dorénavant à 67.3% fin Mars 2019. En général, les prévisions pour la croissance économique sont toujours à la hausse. Après successivement 4.4% en 2017 puis 4.9% en 2018, elle devrait atteindre 5.3% du PIB fin 2019. Le déficit budgétaire devrait s’établir à 2.9% du PIB d’ici la fin d’année et à 1.9% en 2020.

2018 : Le Plan National de Développement (PND) pour réduire la dette publique

Adopté par le gouvernement le 3 Aout 2018, le PND est un programme stratégique qui a pour  l’objectif de transformer structurellement l’économie togolaise afin d’instaurer une croissance forte et durable. Il traduit la volonté de l’Etat de créer des emplois décents pour tous et d’améliorer le bien-être social. Lancé le 04 Mars 2019, il prévoit de générer une croissance qui s’élève à 7.6% du PIB et de créer au moins 500 000 emplois directs d’ici 2022.

Grâce à ce programme à 8 millions d’euros financé à 65% par le secteur privé, le gouvernement togolais a définitivement mis les bouchés doubles pour accélérer la croissance économique du pays. Notons aussi qu’au mois de Mars 2019, les crédits à l’économie ont nettement progressé grâce aux activités d’intermédiation des banques et des systèmes financiers décentralisés. Le taux d’intérêt moyen des crédits accordés par les banques est passé de 8.31% en 2018 à 7.80% à la fin du trimestre. Ce qui traduit un taux de financement de l’économie à 38% du PIB durant cette période. C’est le taux le plus élevé dans l’UEMOA.

De nombreux efforts sont encore à fournir de la part les autorités gouvernementales togolaises afin d’améliorer la santé économique, financière et sociale du pays. Toutefois, on peut déjà saluer les actions réalisées jusque-là et espérer que le pays continue sur cette lancée. Encore une fois, le pragmatisme et la sagesse visionnaire du leader togolais résume tout cela assez clairement :

J’aurais préfère que [le poste le plus important du budget NDLR] soit l’éducation, l’agriculture ou la santé. Mais la réalité à laquelle je suis confronté est que je veux rembourser mes dettes […] s’il y a du laxisme dans la gestion, on ne pourra pas financer le social