MIATO : une initiative pour encourager l’excellence et l’innovation de l’artisan togolais

L’artisanat est un secteur à fort potentiel de croissance qui impacte l’économie togolaise. Une réalité prise en compte par le gouvernement qui a adopté en mai 2011 une Politique nationale de développement de l’artisanat (PNDA). Depuis lors, des initiatives concourant à l’amélioration du secteur se sont succédé. La dernière en date est le Marché international de l’artisanat du Togo, en
abrégé MIATO. De quoi a-t-il été question et comment profite-t-il aux différents acteurs ?

La première édition du Marché International de l’Artisanat du Togo, lancée le 25 octobre sur l’esplanade du Palais des congrès de Lomé et clôturée le 03 novembre, est une initiative du ministère du Développement à la Base, de l’Artisanat et de la Jeunesse. Axé sur le thème : « Artisanat innovant, facteur de développement économique et social », le MIATO a enregistré la participation d’une dizaine de pays, 200 exposants et environ 150 000 visiteurs. Des rencontres d’échanges, des expositions, des ateliers, des conférences et des jeux-concours ont été programmés pour discuter des réels défis liés à l’artisanat national, célébrer les artisans togolais et primer les plus méritants.

Les distinctions remises aux artisans togolais

Quatre (04) principaux prix ont été attribués. Par degré d’importance, il s’agit du « Prix spécial du président de la République » qui a récompensé deux artisans modèles. Ce prix est composé de deux bourses de formation à l’étranger (frais de formation et billets d’avion pris en charge). Les critères d’évaluation sont entre autres l’aménagement, la gestion et l’animation du stand, l’implication, l’engagement et le leadership. « Les prix CODEPA de l’innovation », deuxième grande distinction, sont composés de trois (03) lots qui récompensent les produits les plus innovants exposés. Les critères d’attribution sont la matière première, la présentation, l’authenticité, la finition et l’esthétique, le rapport qualité-prix etc. En outre, les prix CMA, d’une valeur globale de 300.000 francs CFA ont permis de récompenser les meilleurs jeunes artisans et le prix AIR France constitué d’un billet d’avion Lomé-Paris-Lomé a été attribué par tirage au sort auquel ont participé tous les exposants présents à cette première édition du MIATO.
Pour la ministre Victoire Tomegah-Dogbé, « ce marché a connu un succès parce que les artisans sont satisfaits des dix (10) jours passés ensemble. C’est un évènement voulu par les artisans eux-mêmes parce qu’ils veulent une vitrine pour faire découvrir leur talent et la grande diversité de leur création à la fois culturelle et artistique » s’est-elle réjouie.

Naturellement, l’initiative a le mérite d’exalter quand on sait que le Togo compte près d’un million d’artisans et que ceux-ci contribuent à hauteur de 18% au PIB, participent à la réduction du déficit de la balance commerciale à hauteur de 20%. De surcroît, presque 20.000 nouveaux diplômés sont issus de l’apprentissage chaque année. Il ne fait plus aucun doute que c’est un secteur créateur d’emplois et générateur de revenus, un outil de lutte contre la pauvreté et un moteur de relance économique.
A l’évidence, avec le Projet d’appui à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes artisans (PAIPJA) qui a permis de renforcer les capacités entrepreneuriales et matérielles de plus de 5.000 jeunes artisans en vue de faciliter leur insertion professionnelle pour lutter contre le chômage et le sous-emploi ; l’organisation du Salon national de l’artisanat (Sana) en marge de la Foire internationale de Lomé (FIL) depuis 2008 et récemment le MIATO dont la deuxième édition est annoncée pour 2021, le gouvernement semble avoir pris la mesure de l’importance de l’artisanat dans le processus de développement socio-culturel.