La corruption et la mauvaise foi constituent un véritable obstacle à l’émergence économique et à la stabilité sociale. Or, il ne peut y avoir de développement social résilient sans une répartition équitable des biens et richesses ainsi qu’une bonne gouvernance à tous les niveaux de la société. Cette réalité est caressée dans le sens du poil par le gouvernement togolais qui a ratifié les instruments internationaux sur la lutte contre la corruption (en l’occurrence la Convention des Nations unies contre la corruption, la convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption et le Protocole de la Cedeao sur la lutte contre la corruption). De ce procédé est née la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (Haplucia).

Il ne fait aucun doute que la corruption est un fléau aux conséquences désastreuses sur l’économie nationale et la stabilité sociale. Elle gagne considérablement du terrain, surtout dans les pays en voie de développement. Un mal que le Togo tente de prévenir et de combattre avec la loi n°2015-006 du 28 juillet 2015 portant création de la Haplucia. 97,44% des enquêtes renseignent que la corruption est présente au Togo. Pour couper la tête de l’hydre le gouvernement togolais décide de créer un organe pour mener une lutte efficace contre la corruption.

Rôles de la Haplucia

La Haplucia est une institution administrative indépendante. Elle est chargée de promouvoir et de renforcer la prévention et la lutte contre la corruption et les infractions assimilées dans les administrations ou les établissements publics, les entreprises privées ou les organismes non étatiques. Pour y parvenir, elle a mis en place la commission de prévention (chargée des activités de sensibilisation, d’éducation, de formation et de vulgarisation des textes) et la commission de répression (chargée du traitement des plaintes et dénonciations des faits de corruption et d’infractions assimilées).

Des actions concrètes pour lutter contre la corruption

Pour éradiquer les actes de corruption au sein de l’administration publique, un « projet de loi fixant les règles d’éthique, de déontologie et les obligations de l’administration publique et des services publics » a été initié. L’objectif est de privilégier, autant que faire se peut, l’intérêt général dans les administrations pour une meilleure gestion des ressources ; assurer des prestations de qualité aux citoyens ; accompagner l’agent public dans son comportement personnel, sanctionner les agents de l’Etat (corrupteurs et corrompus) etc.
A l’actif de l’institution l’organisation de plusieurs campagnes de sensibilisation et d’information sur le phénomène de la corruption. La Haplucia s’est positionnée sur l’affaire de détournement de fonds lors des CAN 2013 et 2017 ainsi que celle du tronçon Lomé-Vogan-Anfoin. Avec des partenaires comme l’Union européenne (UE) ; l’Union africaine (UA) ; le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) ; la Banque mondiale (BM) ; le Fond monétaire international (FMI) ; la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) etc. La Haplucia croit dur comme fer, dans les années à venir, à une baisse significative de la corruption au Togo ainsi qu’à une bonne gouvernance sur tous les plans et dans tous les domaines.