Appui aux entreprises des jeunes et femmes : une stratégie pour promouvoir l’entreprenariat

Depuis 2018, le gouvernement togolais a décidé de céder, sans conditions particulières, 20% des marchés publics aux jeunes ou femmes entrepreneures et de leur alléger les conditions applicables. Dans un contexte socioéconomique où le Plan national de développement (PND) et toutes les autres politiques sectorielles semblent converger vers l’entreprenariat, cette
décision serait-elle née ex-nihilo ?

Le Togo poursuit ses efforts d’accompagnement pour l’entrepreneuriat afin de booster l’économie nationale,  de faciliter les créations d’entreprises, de faire participer les jeunes à la création de richesses et par conséquent, les intégrer au processus de développement social. Naturellement, la réservation du 1/5 (20%) des marchés publics aux jeunes et femmes entrepreneures n’est pas fortuite. Elle vise à amener les bénéficiaires à apporter leur contribution à l’atteinte des objectifs du PND et par ce fait, contribuer à réduire dans les années à venir le taux de chômage et de pauvreté.

Chose promise, chose due

Logiquement, dans les mois qui ont suivi l’annonce officielle, l’Etat togolais a joint l’acte à la parole. Entre 2018 et 2019, il a attribué vingt-quatre (24) milliards de francs CFA de marchés publics aux jeunes et femmes togolaises. Pour les convaincre du bien-fondé de la participation citoyenne au développement social, des actions de sensibilisation ont été menées sur toute l’étendue du territoire national par le ministère de l’Economie et des Finances ainsi que le ministère chargé de la Jeunesse. Cette procédure a permis de toucher plus d’un millier de jeunes togolais et femmes entrepreneures. En mars 2018, ils étaient 1280 entrepreneurs dont 24% de femmes qui se sont enregistrées sur le site internet (www.dncmp-togo.tg/pjfe.dncmp-togo.com) lancé pour l’occasion.

Quant au Guichet Unique qui a été lancé le 05 mars 2018 dans la capitale togolaise, cent soixante (160) entrepreneurs (dont vingt et une femmes), ont été reçus, écoutés, informés et orientés ; vingt-six (26) demandes de pièces administratives ont été reçues et 14 demandes ont été traitées. Pour le gouvernement, les objectifs sont clairs. Avec la mise en place de ce dispositif d’accompagnement efficace et pragmatique, il est question d’impliquer un nombre suffisant d’acteurs (les jeunes et les femmes en l’occurrence) pour un développement social inclusif et résilient.

Après la première mesure en 2018, le quota de réserve a été porté à 25% en 2019 par le président de la République Faure Essozimna Gnassingbé. Tout compte fait, deux ans après la mise en œuvre de la mesure, c’est près de 2 mille bénéficiaires qui ont obtenu des marchés publics à hauteur de 25 milliards de francs CFA. En réalité c’est peu dire lorsqu’on affirme que les jeunes et les femmes entrepreneurs togolais font l’objet d’une attention particulière comme en témoigne la mesure de réserve de quota de commande publique en leur faveur. Jusque-là, les appuis et autres soutiens apportés par le gouvernement togolais aux jeunes et aux femmes sont sans commune mesure.