De tout temps, l’agriculture constitue la principale activité rémunératrice pour une grande partie de la population togolaise. Les chiffres ne rament pas contre-courant de cette réalité. Elle occupe plus de 60% des Togolais et contribue à 40% au Produit intérieur brut (PIB). S’accoudant sur ces données au-delà de la moyenne, il ne fait aucun doute que le secteur est un moteur de l’économie nationale. Les pouvoirs publics sont arrivés à la même conclusion. Pour preuve, des réformes se sont succédé ces dernières années pour accompagner les différents acteurs, rehausser la compétitivité du secteur et booster le développement socioéconomique. Les pans d’actions pour y parvenir sont multiformes, ambitieux et enthousiasmants.
La politique de mise en place des agropoles est l’une des actions entreprises dans ce sens. Elle contribue à créer de la richesse ; à réduire le déficit de la balance commerciale agricole ; à rabaisser le niveau de la pauvreté, surtout en milieu rural avec une diminution de plus de 15% dans les cinq (05) prochaines années (de 68.7% à 53.7%) ; à créer des emplois que les autorités évaluent au-delà de 24.837 dont près de 40% pour les femmes. Le Togo entend construire dix (10) agropoles sur dix (10) zones du territoire. Celles-ci verront naître des infrastructures logistiques qui faciliteront la mise en place de parcs agro-industriels (eau, électrification, télécommunication etc.) grâce à un investissement de l’Etat sur les infrastructures sur fond agro-public.

Choix des filières stratégiques

Le Togo a choisi de concentrer la production sur des cultures à hautes valeurs ajoutées en tenant compte des avantages compétitifs du pays par rapport aux zones agro-écologiques qui sont assez diversifiées. De fait, des filières phares ont été choisies comme celle du coton dans laquelle le pays veut atteindre au moins 200.000 tonnes d’ici 2022 ; le sésame où le pays ambitionne d’arriver à plus de 100.000 tonnes d’ici 04 ans. A côté de ses deux cultures, le pays va stimuler la production de café, cacao, soja ainsi que d’autres cultures émergentes comme l’ananas, les bananes plantains, les oranges. Ceci permettra d’ajouter de la valeur sur le plan national dans la transformation, le conditionnement, le traitement sur le marché, et ainsi générer des revenus pour les petits producteurs.
Par ailleurs, la filière cotonnière qui est en pleine renaissance, a rapporté en milieu rural près de 04 milliards de francs CFA en ayant une production agricole de 137.000 tonnes. Cette performance a permis d’ouvrir une 5ème usine d’égrenage à Blitta après celles de Notsè, d’Atakpamé, de Kara et de Dapaong. A l’avenir, le pays vise la production de 200.000 tonnes annuelles.